Description
Partout où quelque chose va mal, quelque chose est devenu trop grand. Mais où fixer le seuil ? Nous sommes pris dans des systèmes techniques devenus destructeurs : ce qui émancipe semble irrémédiablement tressé à ce qui ravage. D’où les deux paresses de l’époque — la technophilie, qui promet que le système réparera ses dégâts, et la technophobie, qui idéalise le retour au « petit » comme la seule bonne mesure.
Nommer l’instant où une chose devient son contraire et se corrompt exigeait un terrain net : la mer. Depuis 1970, l’océan a perdu plus de la moitié de sa vie. La pêche industrielle a réussi l’impossible : le vider. Les ports ferment, les flottes artisanales meurent, les marins du Sud sont broyés. Le mot « pêche » abrite deux réalités que tout oppose : l’une vit de la mer et la laisse vivre, l’autre la dévore, et tout ce qui en dépend. Pour les séparer, il fallait la rencontre d’une militante, d’un scientifique et d’un philosophe. Ensemble, ils ont tracé la limite au-delà de laquelle l’activité devient sa propre négation : une contre-pêche. Ce livre entend la désarmer.
La méthode qu’ils ont imagi




