
L’écosophie selon Bernard Stiegler, introduction par Giacomo Gilmozzi
10 avril de 18h30 à 20h30

Jeudi 10 avril à 18h30, nous aurons le plaisir d’accueillir à la librairie la deuxième séance du cycle d’ateliers de recherche-création en écologie mentale, sociale et environnementale co-organisé par Manola Antonioli et Antonella Corsani (artiste associée Karine Bonneval). Pour cette seconde séance, Giacomo Gilmozzi introduira à « l’écosophie » selon Bernard Stiegler.
En 1989, dans Les Trois écologies, Guattari pose les bases théoriques de son approche écosophique, dans la perspective d’une « écologie élargie » qui s’inscrit d’une part dans l’écologie politique (dans la continuité d’auteurs comme Ivan Illich et André Gorz) et d’autre part dans une « écologie de l’esprit » (Gregory Bateson). L’ouvrage part du constat d’une crise systémique – et non partielle, contingente ou transitoire – provoquée par les dynamiques implacables de ce que Guattari appelle le CMI (Capitalisme Mondial Intégré), capitalisme néolibéral et mondialisé. Les effets du système capitaliste contemporain ne se font pas sentir seulement au niveau macropolitique ou macroéconomique, mais aussi et surtout dans les influences destructrices qu’il exerce au niveau de la subjectivité individuelle et collective, dont il se nourrit et qui en alimente l’ensemble des processus. En parallèle, ce bouleversement et cette détérioration des modes de vie, des formes du désir, de l’éducation, du travail, des formes de temporalisation et de spatialisation, de l’information et de l’éducation, détermine des phénomènes de déséquilibres écologiques menaçant l’avenir de la planète Terre. Ces phénomènes ne peuvent pas être analysés séparément, mais forment un ensemble qui ne peut être éclairé selon l’auteur que par « une articulation éthico-politique – que je nomme écosophie – entre les trois registres écologiques, celui de l’environnement, celui des rapports sociaux et celui de la subjectivité humaine » (Guattari, Les Trois écologies).
Ce cycle d’ateliers s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche de deux ans soutenu par la MSH Paris Nord. L’objectif du projet est de contribuer à donner de la consistance théorique et politique à la notion d’écosophie en recherchant les articulations possibles entre écologie sociale, écologie mentale et écologie environnementale à l’intérieur de la littérature critique de l’écologie politique et en poursuivant le chemin tracé par André Gorz et Félix Guattari. Le 14 mai aura lieu une séance consacrée à André Gorz et le 11 juin à Charles Fourier.
Giacomo Gilmozzi est doctorant en philosophie à l’Université de Roma Tre, chef de projet Europe à l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou (Paris) et vice-président de la coopérative CRAMS de Lecco. Il coordonne le festival Baite Filosofiche et l’école de philosophie Professor Challenger en collaboration avec les directeurs scientifiques Paolo Vignola et Sara Baranzoni, avec qui il a également édité la traduction de Bernard Stiegler, L’absolue nécessité.
Accès à la librairie : 1 rue Frédéric Sauton, 75005 Paris
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